
Localisation familles
Je me souviens du premier village, il nous avait fallu plusieurs heures pour remonter la piste qui suit la rivière de Battambang. C’était la saison des pluies, il avait plu une bonne partie de la nuit, les crevasses de la piste étaient gorgées de boue liquide.
Nous arrivons dans le village, il est huit heures trente du matin, tout semble si calme aux alentours, quelques individus travaillent dans les rizières.

Dialogue avec chef de village
Un homme s’approche de nous, il entre en contact avec nous, c’est le Chef du village. Nous lui expliquons longuement les raisons de notre action dans son village. La scolarisation des enfants semble lui plaire, il nous donne sa bénédiction et nous quitte de bonne humeur.
Nous essayons de trouver une personne connaissant parfaitement les environs. Les huttes les plus pauvres sont en dehors du village, quelque part dans la rizière, cachées souvent par un bouquet d’arbres et sans un guide nous passerions à coté de bien des huttes qui se fondent dans la nature.
(Il reste des touffes de jungle par endroit, rescapées de l’ancienne technique de culture du brûlis, qui consistait à mettre le feu à la forêt pour créer une nouvelle surface cultivable).

Fillette localis?e
Ainsi nous marchons de longues heures à la recherche des familles les plus pauvres. Le premier contact est toujours un peut difficile, il faut prendre le temps et la peur du début fait place lentement à un timide sourire, le dialogue commence alors...
Combien d’enfants ? De quoi vivent-ils ? Comment font-ils pour vivre ?
Nous rencontrons pour la majorité des femmes seules, des jeunes veuves, pour la plupart enceintes et qui ont encore d’autres enfants à charge ainsi que des grands-mères, à qui les parents ont confié 4 enfants pour aller travailler à la ville et qui ne reçoivent presque rien en retour.

Localisation des enfants
Avec sérieux, nous avons récolté patiemment les informations concernant les différentes situations familiales, puis nous avons pris un peu de recul, reconsidéré les choses sous des angles différents, nous avons du trouver des leviers pour donner vie au changement.
Notre travaillons contre le concept de la fatalité qui est très répandu ici, du « c’est la vie on y peut rien ».
AVEC donne un grand coup de fouet positif au sein de chaque famille, on parle de demain et de ce que peut devenir un enfant qui sait lire et écrire.