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Femmes et les enfants, premières victimes de l'ordre du mâle |
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Écrit par Franck Michel
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Dans un ouvrage qui met l'accent sur la discrimination des femmes en Asie, le travail des enfants et pour la Thaïlande notamment, la prostitution des enfants augmente avec les effets de la crise économique : " Par exemple, une augmentation du travail des enfants, de la prostitution et de la mendicité ont été constatées en Thaïlande".
 Idem pour les femmes thaïlandaises les plus pauvres qui, en ces temps de désenchantement, n'ont souvent guère d'autres alternatives pour trouver un moyen de survivre et de nourrir leur phratrie : " Pour une majorité significative, particulièrement en Thaïlande, il y a difficilement d'autres options valables que l'industrie du sexe " (Murthy, Sankaran, 2003 : 39-41). Les rapports de domination, toujours teintés de racisme et de sexisme, " blanc "-" jaune ", riche-pauvre, l'Occidental actif-l'Orientale passive, etc., nourrissent les fantasmes des uns et contraignent les autres à jouer un jeu malsain, ils perpétuent d'une certaine manière un néo-colonialisme paternel que l'on aurait aimé voir, voici déjà quelques décennies, disparaître à tout jamais.
Si ces clichés ont la vie tellement dure, c'est qu'ils sont bien ancrées dans notre histoire, et même si les mâles occidentaux fondent au soleil devant la dite douceur asiatique, il convient de ne pas confondre l'abuseur et la victime, à savoir en général - au risque de confirmer le cliché - l'homme blanc, arrogant et riche, et la fille asiatique, soumise et pauvre… Car même si la relation se transforme éventuellement en un jeu de rôle complexe et même étrange, le rapport de domination tout comme le sentiment raciste persistent. Lisa Law estime que dans les bars d'Asie du Sud-Est, les relations entre les Occidentaux de passage ne sont pas fondées selon une " relation nette de domination. Les hommes et les femmes sont davantage que des touristes sexuels oppresseurs ou des femmes asiatiques passives " (Law, 2000 : 122). Certes, il s'agit seulement, dans ce domaine où sévit une exploitation outrancière du corps des femmes, de ne pas se tromper de combat…
 De manière générale, les femmes du sud-est asiatique migrent davantage, dans la région ou en-dehors, en quête d'illusoires emplois, se terminant souvent par un trafic honteux dans l'univers sordide de l'exploitation sexuelle sous toutes ses variantes. Sans oublier que ce sont les femmes qui (trop) souvent font vivre leurs parents : " Au Cambodge, au Vietnam et en Thaïlande, il arrive un moment où les familles pauvres forcent les jeunes filles à s'engager dans la prostitution dans le but d'aider économiquement leurs familles " (Murthy, Sankaran, 2003 : 112). Dans ces régions reculées de Thaïlande, où le " développement " n'est resté qu'un mirage et les habitants des victimes passives et démunies de la mondialisation, l'éducation populaire demeure le seul rempart sérieux et durable contre le fléau de la prostitution et du trafic humain. Originaire de l'Isan, région du Nord-Est du Royaume particulièrement " oubliée " au cours de la période de modernisation, l'écrivain Pira Sudham rappelle l'occidentalisation lente mais certaine de la société thaïlandaise depuis un siècle et demi et s'interroge sur le bien-fondé de l'ouverture à tout-va au libéralisme venu de l'Ouest : " Même aujourd'hui, le Royaume accueille les influences occidentales à bras ouverts. Les idées occidentales ou étrangères, la technologie, et les institutions, sont intégrées au sein de la société siamoise sans discuter. Maintenant, on peut s'interroger, cela est-il bien ou non ?
C'est effectivement un questionnement qui agite la plupart des intellectuels dans le pays. On se demande : allons-nous changer beaucoup de choses ? Qu'en est-il à propos des valeurs ? Que devons-nous conserver et que devons-nous changer ? " (Sudham, 2002 : 80-81). Des interrogations qui occupent le quotidien comme l'avenir de tous les Thaïlandais. Et l'auteur de Terre de mousson, de souhaiter que l'amour et le respect des jeunes gens envers leurs aînés restent inchangés, il ne voudrait pas voir les " seniors " d'ici traités comme ceux de  là -bas, dans tant de pays d'Occident ou d'ailleurs. Mais ce qu'il souhaite réellement voir disparaître un jour dans son pays, c'est " cette attitude qui accepte la corruption comme un mode de vie. Nous devrions être un peuple qui connaît la différence entre le vrai et le faux, un peuple de conscience. (…) Qui prendra l'initiative pour conduire ce changement ? Les gens au pouvoir ou les gens dans la rue ? Ces questions restent ouvertes… ".

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