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La dérive des fous de sexe et d'Asie Envoyer
Écrit par Franck Michel   

La dérive des fous de sexe et d'Asie

L'essor du tourisme sexuel et la misère du monde en Thaïlande et ailleurs

Le tourisme sexuel une nouvelle forme de dominationLe tourisme sexuel serait-il en passe de devenir une nouvelle forme de domination, d'impérialisme, d'exploitation des plus faibles par les plus forts ? En Asie du Sud-Est, tout porte à le croire. En l'an 2000, près de neuf millions de touristes visitèrent la Thaïlande, parmi lesquels 65 à 70% furent des hommes. Malgré d'intenses et médiatiques campagnes de sensibilisations contre le tourisme sexuel et plus encore de batailles judiciaires à l'encontre des abuseurs des enfants d'Asie et d'ailleurs, le secteur - si prospère pour beaucoup - du tourisme sexuel en Thaïlande ne paraît guère vouloir se tarir. Au contraire, la demande s'élargit et se diversifie : après les " traditionnels " Occidentaux - ou plutôt en même temps qu'eux - des Chinois fortunés, à l'instar des comités d'entreprises japonais, louent des jeunes filles pour des bus entiers, un tour-opérateur israélien spécialisé dans les sex-tours d'un genre nouveau envoie exclusivement des femmes en mal d'affection quêter du fruit défendu auprès de prostitués à Bangkok, leles pédophiles continuent d'aller à Pattayas pédophiles continuent par ailleurs d'affluer à Pattaya, à Chiang Mai, à Bangkok ou ailleurs, et n'oublions surtout pas la masse impressionnante de " consommateurs " nationaux…

Il y a plus de vingt ans, Georges Cazes soulignait déjà : " Le tourisme international, s'il n'est pas à l'origine des salons de massage et des maisons de prostitution, leur a donné une sorte de consécration et de généralisation commerciale : il a contribué à aggraver l'émigration de la misère pendant la morte saison agricole des zones montagnardes du Nord et surtout des plateaux secs du Nord-Est, vers les agglomérations urbaines et balnéaires " (Cazes, 1983 : 65). Depuis, de trop nombreux tours opérateurs, peu soucieux d'éthique et convaincus que le sexe rapporte d'abord de l'argent, n'éprouvent guère d'états d'âme, comme le rappelle Bernard Formoso : " Le Farang qui visite dans la journée les palais et pagodes dorées et qui assiste le soir à un sex show ou s'essaye au 'massage' thaïlandais, entouré d'hôtesses en tenues légères, est un cliché Emigration de la misèred'une triste banalité " (Formoso, 2001 : 57). Bref, rien donc de vraiment nouveau sous le ciel de Thaïlande, si ce n'est la perpétuation de ce " tourisme de la honte " (Michel, 2004) sous des formes réadaptées aux exigences d'une mondialisation effrénée. Cet article dresse un rapide bilan du tourisme sexuel en Thaïlande tout en tentant de déceler les racines du mal et d'explorer les moyens d'en éradiquer ses aspects les plus détestables aux conséquences particulièrement morbides.

Texte: Franck Michel