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Chine et Inde, deux pays-continents à la dérive… sexuelle Envoyer
Écrit par Franck Michel   

Chine et Inde, deux pays-continents à la dérive… sexuelle

En Occident et en Orient, les rapports hommes-femmes diffèrent fortement.La conception de l'amour, par exemple, est rarement la même : encore aujourd'hui, beaucoup de filles d'Asie ne s'offusquent pas à l'idée de trouver l'amour dans le mariage, une fois celui-ci prononcé. C'est seulement à l'usage quotidien que l'amour entre mari et femme naît et croît…

trafic-enfants01.pngPar ailleurs, les rapports de genre apparaissent également sous un ciel différent. En Chine, par exemple, un homme sera yang avec sa femme mais yin avec son père, du coup la distinction occidentale masculin-féminin n'est pas ou peu valable… Les images de la féminité et de la virilité ne sont pas aussi prédéterminées en Asie qu'en Occident. Les " couples " sont (re)liés et vivent une plus forte " alternance ". L'immobilité n'est pas l'immobilisme, tout comme le non agir n'est pas l'inaction… Au contraire !

En Chine et en Inde, les garçons restent préférés

aux filles. L'infanticide tout comme l'avortement sélectif sont des pratiques encore courantes dans certaines régions, même si elles sont devenues officiellement illégales. Les conséquences sociales de ces sociétés aux " femmes manquantes ", selon l'expression de l'économiste indien Amartya Sen, sont alarmantes et si le déséquilibre entre filles et garçons ne se réduit pas en Asie, des pratiques telles que la prostitution ou la mendicité à grande échelle sont à craindre. De fait, elles existent déjà en divers lieux. C'est en Chine où la situation apparaît la plus catastrophique, avec une très forte différence des naissances : 86 filles pour 100 garçons. Aujourd'hui, l'infanticide est en recul un peu partout, y compris en Chine, mais d'autres manières de fabriquer des sociétés sans femmes se développement dangereusement, sans occulter le grand nombre d'abandons de bébés filles, plus tard livrées à elles-mêmes, qui viennent peupler les locaux de l'assistance publique. De nos jours, c'est particulièrement l'avortement sélectif des fœtus féminins qui gagne tous les jours du terrain, de l'Inde du Nord à la Chine profonde. Incontestablement, l'avortement sélectif représente aujourd'hui la menace la plus sérieuse dans le grave déficit de filles sur le continent asiatique. Enfin, même si elles survivent, beaucoup de filles sont exclus de l'enseignement primaire et bien plus encore de l'enseignement secondaire.

trafic-enfants02.pngLes jeunes hommes éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver des femmes et à fonder des foyers. Le célibat s'impose progressivement au grand dam de ces messieurs ! Des problèmes inquiétants surgissent de ce fait, notamment en Chine et en Inde. Ainsi, en Chine, l'enlèvement de femmes, ensuite vendues comme épouses à des hommes peu éduqués et pauvres, semble devenir une pratique en pleine expansion. Pour les hommes démunis ou même appartenant tout simplement aux classes socioéconomiques inférieures, trouver une femme relève de l'exploit et de la chance. Surtout, cette situation de frustration à la fois sexuelle et sociale, peut aisément contribuer à attiser la violence et le malaise social, à développer la criminalité et l'exploitation des femmes, à accroître le rôle des mafias et des proxénètes en tout genre. Le trafic humain connaîtra un essor sans précédent et la place des femmes, déjà peu enviable en maints endroits, s'aggravera davantage… Sans oublier qu'une société plus masculine est " naturellement " plus encline à la violence, un fait attesté par l'histoire. Un manque de femmes conduit les hommes à circuler davantage, à les chercher ailleurs et donc aussi à conquérir d'autres espaces, à asservir d'autres populations, à partir en guerre. Un rapport de masculinité trop élevé devient ainsi une menace pour la paix, une sorte d'épée de Damoclès perturbant la sécurité des personnes, et affectant forcément le monde politique. Deux facteurs inquiétants émergent également de cette situation.

trafic-enfants03.pngLes hommes vont devoir chercher des femmes :
1) de plus en plus jeunes, ceci constituant un danger pour les filles, plus facilement exploitables ;
2) de plus en plus loin, développant une émigration conjugale susceptible de se transformer rapidement en vaste trafic humain où l'on chercherait des femmes dans des régions plus pauvres ou à l'étranger.
Qu'il s'agisse de stérilisation forcée, de planning familial drastique, de la femme perçue comme simple machine à enfanter, de fillettes abandonnées ou vendues, les situations dramatiques sont aujourd'hui légion. Et face aux poids des traditions séculaires et des corruptions économiques encore aggravées par la mondialisation, relever le statut des filles, privilégier leur éducation scolaire et familiale, accorder l'égalité des droits aux femmes, ou encore assurer un meilleur équilibre démographique, devraient constituer des tâches prioritaires pour les gouvernements asiatiques soucieux du bien-être et de l'avenir de leurs populations. Une société sans femmes est d'abord une société sans vie, donc en voie de disparition. L'idée de supériorité masculine reste fortement ancrée dans les mentalités de la Chine rurale. De ce fait, le trafic de femmes et de bébés se poursuit scandaleusement, comme dans la région de Yulin en Chine : dans la province du Guangxi, il est " assetrafic-enfants04.pngz courant que les bébés filles soient donnés à d'autres familles dès leur naissance (pratique traditionnelle en Chine, par exemple lorsque la famille d'accueil n'a pas d'enfants). C'est par l'intermédiaire des sages-femmes et d'autres personnels soignants de l'hôpital de Yulin que les trafiquants s'étaient procuré la plupart des 117 petites filles revendues ces dernières années " (Cité in Courrier International, 7-13 octobre 2004 : 48). En 2005, il naît en Chine 117 garçons pour 100 filles, conséquence notamment de la politique de l'enfant unique mise en place en 1979, la pénurie de femmes est dramatique : en 2002, dans la province du Guangxi, un tribunal a condamné à mort un homme pour avoir enlevé puis vendu une centaine de femmes à des ruraux privés d'épouses. Il y a quelques années, on a retrouvé dans la province du Yunnan des dizaines de femmes enchaînées dans une cave, " prêtes " à être vendues aux réseaux mafieux de la prostitution. Par ailleurs, de nombreuses filles partent également sur le marché international : trafic d'épouses " continentales " à destination de Taïwan, hôtesses et prostituées dans les centres urbains de l'Asie du Sud-Est, etc. Nul doute de préciser que le déficit de femmes conduit à l'extension de la prostitution, et beaucoup de femmes " disponibles " doivent ainsi satisfaire un nombre d'hommes esseulés - de clients toujours potentiels - de plus en plus élevé, de plus en plus exigeant, de plus en plus désemparés.

trafic-enfants05.pngComme nous l'avons déjà vu, l'envie de profiter au plus vite des joies éphémères de la société de consommation participe grandement à la dégradation de l'image de la femme en Asie. En juillet 2005, une Taïwanaise surnommée Lee, mère seule et divorcée, devenue officiellement une prostituée, revendique fièrement son statut, précise qu'elle a librement choisi ce travail pour nourrir et élever dignement sa famille, et défend courageusement les droits des prostituées à Taïwan. Elle se présente désormais AVEC c'est combattre le traficpour le Prix Nobel de la Paix. Cette banalisation de la prostitution, en Asie comme ailleurs, est l'un des résultats tangibles de la mondialisation économique qui a miné ces dernières décennies le socle même des sociétés autochtones, allant jusqu'à égrener les fameuses " valeurs " asiatiques, tant vantées par les dirigeants-affairistes en place. Le tourisme n'est pas la source de tous ces maux, mais il les accentue tragiquement.

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