“...l’utilisation d’un enfant pour des activités sexuelles, en échange d’une rémunération ou de toute autre forme de rétribution.” (Source: Protocole facultatif à la Convention des Droits de l’Enfant).
L’exploitation sexuelle des enfants par le biais de la prostitution est un problème séculaire et mondial. Dans certains pays il a existé pendant des siècles, enraciné dans des pratiques historiques et culturelles. De récents événements, tels la crise économique en Asie et la transition vers une économie de marché libérale et capitaliste en Europe de l’Est ont intensifié ce problème.
La demande locale s’est avérée, et demeure à présent un facteur significatif.
La demande étrangère, si l’on s’en tient aux chiffres, est moindre. Cependant la plupart des efforts entrepris pour lutter contre la prostitution enfantine dans les pays en développement sont concentrés sur les actes commis par des étrangers.
Il y a deux raisons à cela. D’abord, le pouvoir économique et social de l’étranger qui exerce des sévices sexuels sur les enfants est bien supérieur à celui de l’enfant, et accentue ainsi l’abus de pouvoir.
Ensuite, l’étranger peut facilement quitter le pays où se sont produits les abus, et échapper aux poursuites. Pour répondre à cet aspect du problème, une juridiction extra-territoriale a été instaurée dans de nombreux pays.
La législation extra-territoriale autorise un pays à poursuivre ses citoyens pour des crimes (contre des enfants) même s’ils ont été commis en dehors du territoire national. De nombreuses lois précisent qu’il n’est pas nécessaire que l’acte dont ils sont accusés dans leur propre pays soit considéré comme un crime dans le pays où il a été commis (principe de la double criminalité).
A ce jour, au moins 32 pays ont promulgué une législation extra-territoriale.
Néanmoins, les autorités se heurtent à des obstacles lorsqu’elles mènent des enquêtes et lancent des poursuites s’agissant de crimes commis à l’étranger.
La collecte de preuves et de témoignages valables dépend de la coopération avec les polices locales. Les différences de langage, de culture, et d’attitude envers l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales peuvent créer des problèmes supplémentaires.
La demande étrangère a été encouragée par le développement de politiques économiques prônant les investissements étrangers, attirant à la fois les expatriés et les touristes. La présence de personnels militaires, de forces de maintien de la paix et de travailleurs sociaux a également contribué à l’exploitation sexuelle des enfants par le biais de la prostitution.
La prostitution enfantine était en plein essor aux Philippines, durant les années 1970 et 1980, en raison de la présence de la marine des Etats-Unis à Olongapo Bay. La base a été fermée pendant peu de temps, mais a rouvert pour être affectée aux manœuvres et au délassement des militaires. En outre, un accord a été signé, garantissant l’immunité à tous les personnels militaires en cas de crimes commis pendant leur séjour aux Philippines. Preda, une importante ONG locale, estime que cela ne peut qu’encourager l’exploitation des femmes et des enfants, et a entrepris une campagne de protestation contre la ratification de cet accord.
Ceci n’est pas un cas isolé. L’arrivée au Cambodge du détachement militaire des Nations Unies (UNTAC) au début des années 1990 a provoqué une augmentation de la prostitution enfantine. En 1992 au Mozambique, des soldats de l’UNUMOZ ont recruté des jeunes filles de 12 à 18 ans pour en faire des prostituées.
Plus récemment, la présence des troupes de l’OTAN au Kosovo a provoqué dans toute la province une augmentation du nombre des bars et des night-clubs. Certaines, à peine âgées de 16 ans, sont retenues captives et forcées de vendre leurs services aux troupes et aux hommes d’affaires.
Selon un rapport préparé pour les Nations Unies sur l’exploitation sexuelle des enfants dans les situations de conflits armés, l’arrivée de forces du maintien de la paix a été associé avec une montée rapide de la prostitution enfantine dans 6 pays sur 12.
Source: Protocole facultatif à la Convention des Droits de l’Enfant Envoyer cet article |