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Un triste classique khmer |
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Le père regarde sa fille avec tristesse, il n’avait pas le choix, c’est l’histoire du petit Poucet en version cambodgienne. C’est le jour des adieux, une femme d’âge mûre attend au bout du petit chemin de terre qui mène à la route. Le visage de la femme est souriant, mais le visage poudré de blanc fait très peur à la petite fille. Une longue route l’attend et son père lui dit de ne pas s’inquiéter pour ne pas perdre la face. Dans la grande ville, la petite fille pourra aider toute sa famille, payer les études de ses trois frères et un bon mariage pour ses deux sœurs, mais pour cela il faudra qu’elle face tous ce que la dame lui dira, se montrer obéissante et ne pas oublier de prier pour elle-même, mais surtout pour sa famille.
La petite fille a peur, elle ne sait pourtant rien, mais elle est déjà sûre d’une chose, elle vivra l’enfer. A Phnom Penh elle trouvera une maison clause insalubre où elle subira la nuit durant tous les désirs d’inconnus qui ne voudront en aucun cas entendre parler de préservatif. Une nouvelle arrivante est toujours sujette à une forme de publicité en vue de promouvoir cette jeune recrue qui, théoriquement, ne peut encore avoir le SIDA
Sray Seythi est morte à Phnom Penh à l’âge de 18 ans, des suites du SIDA en septembre 2002
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